7 janvier 2018 0 Commentaire

Longtemps, je me suis couché de bonne heure…

J’ai ignoré jusqu’à vingt et un an que cette phrase était sans doute la plus connue de la langue française. Elle incarnait l’incipit du premier roman de la grande fresque « A la recherche du temps perdu » de Marcel Proust. Ce premier roman « Du côté de chez Swann », décrivait la haute société parisienne. Je ne l’avais pas étudié au lycée : les inspecteurs devaient penser, à juste raison, que ces phrases longues, ciselées, au rythme lent, ne pouvaient passionner les élèves des années soixante- dix ! Oui, mais voilà, un chanteur, à la frange blonde et à la voix haut perchée, fit un « tube » avec un titre « Du côté de chez Swann » en 1975. Il s’appelait Dave et avait une pointe d’accent  néerlandais.

Après avoir acquis le disque et l’avoir passé en boucle, je chantais : « J’irai bien refaire un tour du côté de chez Swann, revoir mon premier amour qui me donnait rendez-vous sous le chêne… » et ainsi l’envie de découvrir l’oeuvre me vint. Une amie, étudiante en lettres, me prêta le livre en souriant : « Quand on ne connaît pas, je conseille un aspirine avant et un après »… Je m’attelai à la lecture qui me demanda beaucoup d’effort et de concentration. A cette époque, j’aimais Victor Hugo, Zola, Alexandre Dumas, des romans où l’action était dominante. Mais, j’en vins à bout et je pensais que Proust était un excellent sociologue, voire un anthropologue des milieux de la grande bourgeoisie et de l’aristocratie parisienne. Et les passages sur ses souvenirs d’enfance de petit garçon, malade et surprotégé me touchèrent.

Quand ma fille fit des études de lettres, elle suggéra que nous allions découvrir la maison-musée de tante Léonie à Illiers-Combray dans l’Eure-et-Loire. Marcel y a passé ses vacances entre six et neuf ans. Il dut y renoncer à cause de ses crises d’asthme très aïgues mais découvrit son goût pour un petit gâteau : la fameuse madeleine que sa mère lui offrit avec le thé, un jour où il était encore plus fatigué que d’habitude. Le petit village, pittoresque, donne l’occasion de charmantes promenades au bord du Loir. La maison de tante Léonie a une façade en colombage, puis à mosaïques et un jardin fleuri. Sous les combles, évocation de la haute société parisienne et des personnages qui inspirèrent l’écrivain comme le plus célèbre d’entre eux Charles Haas pour Swann.

Mais, j’eus l’occasion de rencontrer Marcel Proust grâce à Bernard Pivot qui soumettait ses invités au questionnaire de l’écrivain dans son émission « Bouillon de culture ».

1. Votre mot préféré ?

2. Le mot que vous détestez ?

3. Votre drogue favorite ?

4. Le son, le bruit que vous aimez ?

5. Le son, le bruit que vous détestez ?

6. Votre juron, gros mot ou blasphème favori ?

7. Homme ou femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?

8. Le métier que vous n’auriez pas aimé faire ?

9. La plante, l’arbre ou l’animal dans lequel vous aimeriez être réincarné ?

10. Si Dieu existe, qu’aimeriez-vous, après votre mort, l’entendre vous dire ?

Les réponses des invités les dévoilaient, au moins pour ceux qui jouaient le jeu.

Je pense que cet exercice pourrait constituer une « colle ». Chacun répondrait par écrit puis plierait sa feuille. Elles seraient mélangées dans un chapeau puis tirées au hasard. Le lecteur du questionnaire devrait tenter de deviner qui est l’auteur. Qu’en pensez-vous cher membre de notre atelier ?

 

Et vous, cher lecteur de ce blog ?

 

Marie-Olga

 

 

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